Une deuxième vie pour des petits articles diffusés sur Radio 16 dans l'émission "Les Rendez-vous d'Uranie". ... Et finalement, quelques autres travaux sur l'astronomie.
INSTRUCTION DES PILOTES
SECONDE PARTIE
CHAPITRE PREMIER
DE LA LATITUDE EN GENERAL
DEFINITIONS
La latitude d’un lieu sur la terre ou sur mer, est la distance de l’équateur terrestre, nommé ligne équinoxiale. Cette latitude est toujours égale en degrés à la distance du zénith à l’équateur céleste, et à l’élévation du pôle au-dessus de l’horizon : d’où il suit que ceux qui habitent sous la ligne, ayant cette ligne dans leur zénith, et les pôles dans leur horizon, n’ont aucune latitude.
Pour bien concevoir cette définition, il faut remarquer qu’on a transporté sur le globe terrestre les mêmes cercles et les mêmes points qu’on a imaginés dans le ciel, pour expliquer le mouvement apparent des astres ; c’est-à-dire, qu’il y a sur la surface de la Terre un équateur, des méridiens et des pôles qui répondent à ceux du ciel, en sorte que la circonférence de la Terre étant divisé en 360 degrés, aussi bien que celle du ciel , il s’ensuit que le degrés de latitude dans le ciel, c’est-à-dire l’arc du méridien compris entre le zénith, ou point vertical d’un lieu, et l’équateur céleste , est égal en degrés à celui d’un méridien terrestre compris entre la ligne équinoxiale et ce lieu : mais il faut bien se souvenir que c’est toujours de ce dernier dont on entend parler dans la navigation, aussi bien que dans la géographie.
On appelle zénith ou point vertical, un point dans le ciel qui répond à plomb au-dessus de nous : il est aisé à imaginer, en élevant de chaque point de la Terre des perpendiculaires prolongées jusqu’au ciel ; ce qui peut toujours se connaître par un fils chargé de plomb ; et comme la Terre est sphérique, il s’ensuit que ce point vertical change à chaque pas que l’on fait, aussi-bien que l’horizon.
Il faut remarquer qu’on sert indifféremment des termes d’équateur, d’équinoxial, ou de ligne équinoxiale ; car ils signifient la même chose.
Il y a deux sortes de latitude, l’une du côté du Nord, ce qui comprend tous les lieux qui sont entre la ligne et le Pôle Nord ; c’est ce qu’on appelle l’Hémisphère Septentrional ; et de l’autre côté du Sud pour tous les lieux qui sont entre la ligne et le Pôle Sud ; ce qu’on nomme l’Hémisphère Méridional ; chacune de ces latitudes va jusqu’au 90 degrés qu’il y a de la ligne équinoxiale jusqu’aux pôles.
La latitude d’un lieu se compte sur des méridiens qu’on conçoit passer par les Pôles de la Terre depuis la ligne jusqu’à ce lieu, et elle augmente à mesure qu’on s’éloigne de la ligne ou qu’on s’approche des Pôles. Ainsi lorsque étant en latitude Nord, on avance directement vers le Nord 57060 toises, ou 20 lieues françaises, la latitude augmente d’un degré, et par conséquent la hauteur du Pôle Nord sur l’horizon qui lui est toujours égale ; et au contraire, en avançant 20 lieues vers le Sud, étant aussi en latitude Nord, elle diminue alors d’un degré. Dans le premier cas, c’est ce qu’on appelle élever en latitude, et dans le deuxième, c’est ce qu’on nomme abaisser en latitude : la même chose arrive en latitude Sud, en avançant vers le Sud ou vers le Nord.
On a imaginé sur la surface du globe terrestre des cercles de latitude, qu’on nomme ordinairement parallèles, parce qu’ils sont également éloignés dans toute leur circonférence de la ligne équinoxiale : ils vont toujours en diminuant de la ligne équinoxiale vers les Pôles. On peut mettre au nombre de ces cercles les tropiques qui sont éloignés de la ligne équinoxiale vers les pôles. On peut mettre au nombre de ces cercles les Tropiques qui sont éloignés de la ligne équinoxiale de part et d’autre de 23 degrés et demi à peu près, et les Cercles Polaires qui sont distants de 66 degrés et demi à peu près, et c’est pourquoi, lorsqu’on est arrivé à ces Cercles de Latitude, on dit qu’on est aux Tropiques ou aux Cercles Polaires.
On décrit ordinairement de 10 en 10 degrés les parallèles sur les globes terrestres ; mais on peut en concevoir par tous les degrés et minutes des méridiens, depuis la ligne équinoxiale jusqu’aux Pôles.
Pour bien entendre les différentes latitudes du monde, il ne sera pas inutile de rappeler ici les trois diverses positions de la sphère, expliquées au long dans la première partie de l’Instruction des Pilotes.
Nous avons déjà dit que ceux qui habitent sous la ligne, ont cette ligne dans le zénith et les Pôles dans l’horizon ; c’est ce qu’on nomme communément la Sphère droite, à cause que l’Equateur fait un angle droit avec l’horizon.
Ceux qui habitent sous les Pôles ayant dans cette situation le Pôle dans le zénith et l’Equateur dans l’horizon, ont par conséquent 90 degrés de latitude, c’est ce qu’on nomme la Sphère parallèle ; et enfin la situation de tous ceux qui habitent entre la ligne équinoxiale et les Pôles, qui comprend toutes les latitudes du monde, se nomme en général la Sphère oblique.
On verra dans la suite de ce livre des exemples de toutes ces différentes latitudes.
Ce qui a été dit ci-devant de la correspondance des parties de la Terre avec celles du ciel, nous donne un moyen de trouver la latitude d’un lieu ; car si l’on trouve par observation dans le ciel l’arc compris entre le zénith et l’équateur, nous aurons un arc semblable sur la surface de la Terre, compris entre la ligne équinoxiale et ce lieu, qui est ce qu’on cherche. Pour y réussir, on se sert des hauteurs des astres sur l’horizon de ce lieu, lorsqu’ils arrivent au méridien, ou de leurs compléments, qui sont leurs distances du zénith, et des déclinaisons de ces mêmes astres, ou de leurs compléments, qui sont leurs distances du Pôle : mais comme ces deux choses demandent quelque détail pour être éclaircies, il est à propos de donner à chacune une attention particulière.
... à suivre.