Une deuxième vie pour des petits articles diffusés sur Radio 16 dans l'émission "Les Rendez-vous d'Uranie". ... Et finalement, quelques autres travaux sur l'astronomie.
Parmi les objets qui composent le Système solaire figurent les astéroïdes. Ces corps solides, trop petits pour avoir pris la forme d’une planète, se rencontrent un peu partout, mais sont plus concentrés dans certaines zones dont la principale est la ceinture d’astéroïdes située entre Mars et Jupiter. L’étude de ceux de moins de dix kilomètres de diamètre dans cette ceinture et dans ceux qui se promènent à proximité de la Terre indique que près de 15% d’entre eux sont binaires. C’est à dire qu’il s’agit de systèmes de deux astéroïdes couplés.
On explique bien qu’au hasard de leurs voyages ces corps célestes aient pu trouver quelques compagnons ou se fragmenter lors de passages près de planètes ou lors de collisions, mais la proportion est trop élevée pour être expliquée par ces raisons. Par ailleurs, comment expliquer la fréquence de ces systèmes binaires plutôt que multiples ?
C’est le problème sur lequel s’est penché Patrick Michel de l’Observatoire de Nice Côte d’azur en collaboration avec des astronomes de l’université du Maryland.
Pour comprendre leur solution, il faut rappeler que ces astéroïdes sont constitués de roches poreuses, de faible densité et retenues entre elles par la seule force de leurs gravités mutuelles.
Il faut aussi préciser que ces astéroïdes ont des formes irrégulières, dites en « patatoïde », donc asymétriques.
Nos astronomes de l’Observatoire de Nice Côte d’Azur et de l’université du Maryland ont imaginé que les rayons du Soleil, chauffant les roches durant de longues périodes – des millions d’années en l’occurrence - et animant l’objet de mouvements aussi irréguliers que sa forme, provoquaient une réorganisation de la répartition des composants rocheux dans le volume de l’astéroïde.
Au bout d’un certain temps, la vitesse de rotation conjuguée à la structure, désormais en deux partie, aboutirait à la séparation de l’astre en deux. Comme une partie est plus dense que l’autre, la première deviendrait l’objet « parent » autour duquel graviterait la seconde.
Cette hypothèse est confirmée actuellement par des simulations faites à partir de données sur des astéroïdes connus.
Il faut préciser que cette évolution n’est envisagée que pour des astres poreux.
Concrètement, cette recherche nous donne des informations très utiles au cas où un de ces astéroïdes viendrait à s’approcher dangereusement de notre planète.
X X X