Une deuxième vie pour des petits articles diffusés sur Radio 16 dans l'émission "Les Rendez-vous d'Uranie". ... Et finalement, quelques autres travaux sur l'astronomie.
On voit la surface des étoiles !
Pour l’observateur du ciel, une étoile se distingue facilement d’une planète par son aspect scintillant. En effet, l’étoile est tellement éloignée que la lumière transmise a l’apparence d’un point que notre atmosphère fait vaciller et aucun instrument n’avait pu grossir ces points de lumière.
Aujourd’hui, il n’en est plus de même. Du sol, le Very Large Télescope basé au Chili, et de l’espace, le télescope satellisé COROT observent désormais la surface des étoiles.
Canopus est la deuxième étoile la plus brillante après Sirius. Située dans la constellation de La Carène, elle est accessible aux observateurs équatoriaux. De masse dite intermédiaire, environ dix fois la masse du Soleil, elle a consommé tout son hydrogène et brûle actuellement son hélium. De supergéante rouge, elle est devenue aujourd’hui une supergéante jaune avec 7000 degrés de température de surface, puis deviendra, soit une supergéante rouge à nouveau,soit une supergéante bleue.
Ce cycle, appelé « blue loop », est mal compris. Pour résoudre ce mystère, il faut connaître les caractéristiques de Canopus, notamment son diamètre et sa température.
A cet effet, les télescopes du Very Large Télescope Interferométer de l’ESO (Européan Southern Observatory) ont utilisé AMBER (Astronomical Multi-BEan Recombiner) pour mélanger leurs lumières infra-rouges en multipliant par vingt-cinq la résolution angulaire pour obtenir la finesse d’image d’un miroir de deux cents mètres de diamètre !
Résultats :
- Les dimensions de Canopus ont pu être mesurées avec une précision inégalée : soixante et onze rayons solaires.
- On a vu et mesuré des tâches à la surface de l’étoile. Leurs tailles étaient d’un tiers du diamètre de Canopus, soit vingt fois de diamètre du Soleil ! Les prévisions les imaginaient bien, mais trois ou quatre fois plus petites.
Ce sont des paramètres nouveaux qui intègrent les modèles de fonctionnement des étoiles.
De l’espace, c’est le télescope orbital du CNES COROT (Convection, Rotation et Transits planétaires) qui, à peine plus récemment, a observé la surface de trois étoiles. Affranchi des perturbations de notre atmosphère, l’instrument a constaté des déformations périodiques indécelables du sol. Ces étoiles sont toutes les trois plus chaudes que le Soleil, mais elles présentent, comme notre étoile, des granulations qui révèlent l’existence de convections sous leurs surfaces.
Avec ces progrès, notre Soleil n’est donc plus, aujourd’hui, la seule étoile qui puisse faire l’objet d’une étude de structure, et qui puisse être « regardée », autrement que comme des points de lumière.
Des animaux résistent au vide spatial
Les tardigrades sont de petites bêtes d’un millimètre de long à l’allure très peu avenante. Sortes de petits vers trapus à huit pattes, ils sont proches des arthropodes dont le crabe fait partie et se trouvent un peu partout sur la planète.
Ces animaux sont connus pour résister aux conditions environnementales les plus extrêmes : à des rayonnements X plus à la dose maximale mille fois supérieure à celle supportée par l’humain, à des écarts de températures qui vont de –153°C à +150°C en quelques minutes, à des pressions allant du vide à six mille atmosphères ; les tardigrades peuvent aussi arrêter leur métabolisme. On a observé des tardigrades dans cet état de cryptobiose durant huit ans.
Ingemar Jönsson, de l’Université de Kristiangard, a lancé, avec une équipe de chercheurs suédois et allemands et avec la collaboration de l’ESA, le programme Tardis (Tardigrades in space). L’idée est simplement de soumettre ces petits animaux aux conditions du vide cosmique et d’observer …
Le 14 septembre 2007 (le sujet n’est publié que maintenant), une fusée Soyouz embarquait trois mille tardigrades de quatre espèces différentes. Après douze jours d’exposition au vide, aux radiations spatiales et aux rayons cosmiques, 68% d’entre eux ont survécu. Certains avaient subit des altérations de leurs cellules, mais elles se sont rapidement réparées.
L’intérêt de cette étude de s’arrête pas au constat de ce phénomène extraordinaire, mais réside dans la compréhension de ces mécanismes de résistance et de régénération, qui, appliqués à l’homme, permettraient, par exemple, de s’affranchir des effets néfastes de la radiothérapie.
Par ailleurs, cette expérience montre bien que l’imperméabilité biologique entre les astres n’est pas du tout certaine. Très récemment, les agences spatiales avaient appris à se méfier des contaminations bactériologiques (cas des robots martiens pour la validité des détections d’organismes vivants), mais cette fois-ci, ce sont des animaux multicellulaires qui montrent leurs capacités à séjourner, sans scaphandre, dans l’espace.